【Interview MMN: Deuxième partie】 « Je rêvais déjà de pouvoir jouer à l’étranger au moment où l’on a formé le groupe, mais je n’aurais jamais pensé que notre musique toucherait l’autre bout du globe ! »

30.November.2018 | FEATURES / MUSIC

Le 9ème album d’ASIAN KUNG – FU GENERATION, “Hometown”, est tout simplement un chef-d’œuvre. Ayant fait leurs débuts dans les années 90, ils ont su conserver des influences power pop et rock alternatif de cette époque tout en renouvelant leur registre avec les tendances du moment. Tout en accueillant de nombreux auteurs comme Rivers Cuomo des WEEZER, leurs œuvres sont au final toujours empruntes d’une atmosphère si propre au groupe. Nous avons découvert cette fois que leur secret résidait en fait dans leur environnement de production… Dans cet interview, nous parlerons de « Hometown » qui a été selon leur dires si plaisant à composer, ainsi que le monde d’Asian Kung-Fu qui voyagent en ce moment aux quatre coins du globe.

Interview / Rédaction : Ato “DA” Daishi

Traducteur / Japanistar

 

【Interview MMN: 1ère partie】 “Lorsqu’on prend plaisir à quatre sans se prendre la tête, ça donne forcément de l’ Asian Kung-Fu. On ne peut pas s’en empêcher, c’est comme une maladie incurable”

 

 

– Pour cette œuvre, un DVD inclus dans la première édition comprend un enregistrement de la tournée sud-américaine. Vous vous retrouvez souvent là-bas n’est-ce pas ? 

 

Kita : On n’y est allés que deux fois entre 2015 et l’année dernière.

 

– Quelle a été l’élément déclencheur d’une tournée en Amérique du Sud ?

 

Goto: Au début, on a été invités à une convention comme la Japan Expo du Chili. On s’est dit qu’on pouvait en profiter pour faire d’autres pays et nous avons fait l’Argentine, le Brésil et le Mexique. Mais nous étions très surpris de constater qu’on avait autant de fans là-bas, et c’était très amusant et surtout très enrichissant. J’aimerais beaucoup aller dans d’autres pays.

 

– Que pensez-vous de l’Asia Tour ?

 

Goto : On veut y aller, bien sûr. Depuis récemment, beaucoup de gens deviennent fan de la musique pop asiatique. Les jeunes générations n’hésitent pas à faire des collaborations qui dépassent les frontières. Par exemple, des rappeurs asiatiques ont participé récemment au nouveau single d’Utada Hikaru. Je ferai également un live en décembre avec un auteur-compositeur thaïlandais nommé Phum Viphurit et l’Asie est une région où les groupes peuvent facilement aller et venir. Je pense donc que les choses deviendront plus intéressantes à l’avenir. C’est pourquoi nous aimerions bien entrer dans le moule aussi, bien que nous soyons de vieux croûtons.

 

– Comment étaient les fans en Amérique du Sud ? J’ai déjà assisté à des concerts d’autres artistes à Mexico, mais je me souviens très fortement qu’ils étaient complètement déchaînés.

 

Goto : C’est incroyable, vraiment supers. Ils nous ont chantés des hymnes, comme si c’était des supporters de football, et ils savent même chanter tous les riffs.

Kita : En plus, ils montrent leur enthousiasme avant même le début du spectacle.

 

– on voudrait presque leur demander “Vous êtes sûrs que vous allez tenir en commençant comme ça ?”

 

Goto : Oh oui. Après avoir chanté nos chansons durant environ 2 heures avant le spectacle, ils enchaînent encore 2 heures avec notre live (rires). Les Japonais ont du mal à exprimer autant leurs émotions, alors j’aimerais bien les imiter. Après avois pas mal voyagé, ce qui m’a le plus choqué était le fait que les Japonais soient aussi sages. Dans n’importe quel pays, tout le monde est super en forme, mais quand on fait un festival au Japon juste après, on se demande même : “On est bien en tête d’affiche ? on n’a pas l’air de cartonner !” Les Japonais sont trop timides, il faut que ça change.

 

– Les chansons populaires varient-elles d’un pays à l’autre ?

 

Goto : Pas vraiment. Quand on se rend en Europe, ce sont plutôt des musiques comme “Siren” arrangée en mineur ou des chansons proches du rock britannique qui sont populaires contrairement aux chansons secondaires du CD. Même si les Sud-Américains aiment plutôt bien, eux.

 

– Avez-vous un épisode marquant à raconter de vos voyages à l’étranger ?

 

Goto : Quand je suis allé en Corée du Sud pour la première fois, je me souviens que j’étais nerveux et ému. L’histoire de l’Asie est plutôt compliquée alors j’avais plutôt le trac. Je pensais qu’il y avait beaucoup de Coréens qui n’aiment pas les Japonais. Mais, quand nous sommes montés sur scène, ce n’était pas du tout le cas, et au contraire ils étaient très excités ! Même après le concert, un groupe coréen est venu nous saluer dans les coulisses et nous avons pu échanger nos CD. Cet échange culturel m’a touché. Je me suis dit : « Il y a des choses dont nous seuls sommes capables de faire. Il suffit de se lier avec les autres et de continuer à bien nous entendre. ». Nous sommes toujours amis avec ce groupe aujourd’hui, et quand nous allons en Corée, ils nous trouvent toujours un peu de temps à nous consacrer bien qu’ils soient débordés. Cela restera un merveilleux souvenir.

 

−Aviez-vous l’intention de vous exporter à l’international dès le début du groupe ?

 

Goto: Etonnamment, nous en avions conscience de façon assez précoce. Par exemple, le nom de groupe ASIAN KUNG-FU GENERATION a été choisi car je me suis dit que si l’on s’exportait à l’étranger, il sera plus facile de nous identifier en tant que groupe asiatique. De plus, lorsque nous avons fait nos débuts, notre chanson “Haruka Kanata” a été utilisée comme thème d’opening pour l’anime “NARUTO”. Mais à l’époque, beaucoup pensaient qu’un groupe de rock ne collait pas avec les dessins animés. Mais en faisant ce genre de projet, nous avons discuté entre les membres et avons conclu que ce sera une manière pour nous de se faire connaître à l’international. C’est pourquoi nous avons volontairement introduit des mélodies aux sonorités asiatiques. En fait, nous continuons de faire ça encore aujourd’hui car c’est ce qui plaît au monde entier.

 

– C’est incroyable qu’à une époque où il était encore critiqué de faire des openings d’anime pour un groupe de rock, vous ayez pu penser à tout ceci.

 

Goto: Je rêvais déjà de pouvoir jouer à l’étranger au moment où l’on a formé le groupe, et je suis très heureux que cela se soit réalisé. Mais je n’aurais jamais pensé que notre musique toucherait l’autre bout du globe !  (Rires). Je ne peux toujours pas réaliser que nous ayons fait un live au Pérou et pareil pour le Chili où je me suis dit : “Alors on est bien dans ce pays tout fin !”

 

– Quoi qu’il en soit, après plus de 20 ans de carrière, c’est un rêve que de pouvoir composer des chansons avec les musiciens dont vous étiez fans durant votre jeunesse, non ?

 

Goto : Oui, ça nous fait vraiment bizarre. Mais je suis étonné qu’il y ait une partie de moi qui s’y soit habitué. Les musiciens occidentaux sont des personnes comme nous après tout. C’est pourquoi à l’avenir, si nous pouvions continuer à nous lier avec d’autres musiciens sans faire de chichis et de manière décontractée, nous en serions très heureux.

 

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